Questions à...
Maurice Lévy, PDG de Publicis
Le premier groupe de publicité français va racheter pour 1,3 milliard
de dollars Digitas, le premier groupe américain indépendant dans les
services marketing et la communication numérique.
Par Nathalie BENSAHEL QUOTIDIEN
vendredi 22 décembre 2006
Comment avez-vous organisé le rapprochement Publicis-Digitas ?
Il nous a fallu trois ans. En 2003, notre position aux Etats-Unis était
importante. Mais nous savions que pour suivre l'irrésistible mouvement
vers le numérique, il fallait aller plus loin et se rapprocher de Digitas. Eux
n'étaient pas intéressés, et nous savions que tous les groupes de pub
et les grands portails étaient sur ce dossier. Nous avons donc été patients,
en nouant d'abord des relations professionnelles et en nous disant qu'un jour, on
arriverait à les convaincre. C'est fait aujourd'hui, et c'est une
étape majeure. Concrètement, qu'apporte ce rachat à Publicis ? Digitas est au
coeur du dispositif numérique en matière de communication de ses clients. Ici,
il n'est pas seulement question de bannières sur le Net ou de pub en ligne.
Ce groupe est devenu le pilier du service numérique d'annonceurs comme
American Express, General Motors, Delta ou Hewlett-Packard, et fait vendre via le
Net les projets et les programmes de ses clients. Grace à cette alliance,
nous allons donc pouvoir traiter beaucoup mieux les demandes de nos annonceurs
par exemple vendre des voitures Renault de manière plus efficace et à des
prix réduits par rapport à ce qui se fait aujourd'hui , et donc renforcer
notre poids auprès de nos clients. Après cette opération, quelle sera la
physionomie de l'activité de Publicis ? D'abord, sachez que, à la faveur de ce
rachat,
Publicis devient le premier acheteur d'espace chez Google, Yahoo et
Microsoft (sottolineatura nostra).
En ce qui concerne l'activité du groupe, après la fusion Publicis-Digitas, le service numérique représentera 15 % de notre chiffre d'affaires.
J'espère que d'ici quatre ou cinq ans il s'élèvera à un quart de nos revenus.